Archive pour Confiture

Tu en as trop dit ou pas assez

- Tu en a trop dit ou pas assez.

– Je vais donc continuer la recette du Lemon curd dont tu as énuméré la liste des ingrédients hier soir.

3 citrons non traités- le jus et le zeste-
150 gr de sucre de canne
I poule pour avoir 3 œufs. Quand je prends les œufs de ma poule qui court dans le jardin et à qui je donne les escargots et les limaces en extra, le lemon curd a une belle couleur jaune Pâques, par contre quand j’achète les œufs en grande surface, même s’ils sont bio, il est beaucoup plus pâle.
1 cuillère à soupe de beurre au lait cru. Je t’épargne l’achat d’une vache, une poule c’est plus simple à gérer.

Dans une casserole, faire fondre le sucre de canne, les zestes coupés très fins et le jus des citrons. Ne pas amener à ébullition pour conserver les vertus du citron.
Fouetter les œufs et verser le mélange sucre, citron, zeste sur les œufs. Battre l’ensemble.
Remettre dans la casserole à feu doux. Ajouter la cuillère de beurre. Continuer à tourner dans le mélange jusqu’à ce qu’il s’épaississe.
Mettre en pot et conserver dans le frigo.

- Ça tient combien de jours au frigo ?

- Chez moi pas longtemps, ça dépend si j’utilise une cuillère à soupe ou une cuillère à dessert pour le manger. En général les ¾ partent le premier jour, la fin du pot le lendemain. Je n’ai jamais terminé un pot entier, il y a un moment où le citron me sort par les oreilles.

- Maintenant, tu continues, Malice…

- J’ai fini le pot là, j’ai plus trop envie… Sincèrement.

- Non, tu continues ton histoire… Tu en as trop dit ou pas assez….

lemon curd aux oeufs bio de grande surface.

Laisser un commentaire »

Lemon curd

- Boh, j’ai mal au ventre.

- Tu m’étonnes, Malice! Tu viens de terminer le pot de lemon curd à la petite cuillère.

- C’était trop bon ! Et puis j’ai besoin de force.

- De la force ?
Avec 150 grammes de sucre de canne, 3 œufs entiers, trois citrons et leurs zestes ainsi 1 cuillère à soupe de beurre ? Oui, tu vas forcir c’est certain, mais pas comme tu l’espères.

- T’es pas sympa, Rose.
J’avais mal au ventre avant de commencer le pot. Je dois continuer l’histoire des racines. C’est pénible. Ça me bouffe les intestins. Je rêve des protagonistes toutes les nuits ces derniers jours, faut que je m’en libère, que j’en finisse. J’ai d’autres choses à faire maintenant que j’ai compris à quoi peut servir ce passé.

- Bon, au travail ! Qu’est ce que tu attends ?

- Pas keske! Kiski…
Tu te souviens quand Aigemoine, nous avait tous invités dans un restaurant libanais.

- Oui, c’était super bon.

- Un peu trop d’huile à mon goût.
C’est quelques semaines avant ce dîner que j’ai commencé à être carrément dans le brouillard… Je t’en ai déjà parlé… l’escargot… Ce soir là, je revenais d’Italie, une semaine de chimio avec ma mère. Je n’avais pas faim, rien ne passait.

- Tu sais ce que je pense de l’escargot… C’était aussi une période éprouvante à tous les points de vue.

- On était nombreux à table, je ne me souviens de personne. A part d’un chocolatier réputé.
Une grosse partie de mes souvenirs se trouve toujours dans le trou, ça m’énerve, parfois certains morceaux resurgissent. Un Puzzle. Le champagne et le bon vin coulaient à flots. Aigremoine était un bout en train comme toujours. Je suis à l’eau plate et à l’houmous. Je ne suis pas présente. Ce qu’il se passe à la table d’à côté m’intéresse plus que ce qui se dit à la notre. Ils sont une trentaine, ça sent la drogue, les combines et la frime. Il y a deux femmes, ce sont elles qui mènent le groupe même si deux malabars jouent aux caïds. J’observe le jeu de chacun, ça me change du cirque de notre table même si les numéros sont les mêmes. Au milieu du repas, Aigremoine vient s’asseoir à côté de moi.

- Malice, tu vois ce type qui dîne avec cette femme à l’entrée ?

- Oui? J’esquisse un sourire, je m’attendais à ce qu’il me sorte une blague crasse pour me faire rigoler.

- S’il est ici, ce soir, c’est que ça va bientôt sentir mauvais pour quelqu’un dans ce resto. Je n’aime pas ça du tout.

- Ah ?…

Non, ce n’est pas une blague.

– Je crois… je crois que c’est pour une femme.

Je ne sais pas pourquoi je dis ça, c’est encore une phrase qui sort toute seule de ma bouche.
Il me dévisage. Son regard me glace. Et, d’un ton beaucoup plus sec, il me répond.

- J’espère pour elle que non.

- C’est qui, qu’est ce qu’il se passe ?

- Un type que je n’aime pas voir ici! C’est le chef, comment dire…, un peu comme le deuxième bureau.

Ça ne m’avance pas plus, je ne comprends pas, mais au travers son regard, je sens que c’est un truc sérieux.

Aigremoine se lève et se dirige vers la table du couple. Il les salue, la discussion est animée. Il revient vers moi. L’homme règle l’addition et ils sortent du restaurant.

- Qu’est ce qu’il se passe?

- Je lui ai demandé ce qu’il faisait ici. Et je lui ai ordonné de partir.

- Euh, je comprends pas trop…

- Malice, ce type n’est pas là pour un dîner en amoureux. Je lui ai dit que s’il arrivait quoi que ce soit à une des personnes qui se trouve ce soir dans ce restaurant, qui que ce soit, c’est lui qui aurait des graves problèmes et que je m’en chargerais personnellement.

Aigremoine s’assied à côté de moi et se sert une flute de champagne. Du nez, il pointe les deux femmes de la grande table.

- Tu penses que c’est laquelle?

- Je ne sais pas.

Je n’ose pas lui dire que j’ai le pressentiment que c’est pour moi.

Laisser un commentaire »

Sur la plus haute marche

Elle m’a foutu le bourdon, hier, ma soeur avec son histoire d’échelle.
A croire que ce sont les mots des autres et pas les faits qui peuvent influencer l’état émotionnel.

En terminant ma confiture de prunes, j’ai réfléchi à ses paroles. Je fais des confitures parce qu’à part les manger fraîches et ou en faire des pruneaux, l’autre solution pour conserver les prunes c’est de les mettre dans l’alcool. Comme je ne bois pas, je ne vois pas l’intérêt de faire des conserves de ce type, à part décorer l’étagère de produits home made comme les foetus en bocaux dans une école de médecine.

J’avais commencé par mettre les prunes (un quart de mon arbre qui porte pour la première fois) dans un extracteur de jus pour la gelée. J’ai fait un faux mouvement et ce qui était prévisible arriva, les trois litres de jus se sont répandus sur le plancher. Ça colle, c’est rouge et ça tache. Maintenant, je vois la trace de mon colocataire Dikkeneck que j’ai découpé à la tronçonneuse en pensées, sur le sol de ma cuisine. Et là, je me suis dit que j’avais quand même beaucoup de chance de ne pas avoir mis les 2,5kg de sucre dans le jus et surtout de ne pas être tout en haut de l’échelle de stress de ma soeur. Tu peux imaginer le carnage que ça peut représenter, dans une pièce, une bouteille de sang de prunes qui tombe de cette hauteur.

Je suis descendue dans le verger pour cueillir une autre partie des prunes, celles qui sont à hauteur de mes bras, parce que je t’ai dit que sur une échelle j’avais mal au coeur. Sur internet, dans un site, ils conseillaient de secouer l’arbre. Il ne faut pas suivre tous les conseils du net, hein, les prunes sont tellement mûres que tu peux alors récolter la confiture à la cuillère directement dans l’herbe.
Comme je suis très généreuse ( et accessoirement je n’arrive pas à cueillir moitié supérieure de l’arbre) j’ai dit à mon voisin qu’il pouvait avoir toutes les prunes qui restent.

J’ai tenu l’échelle, il est monté. Tenir l’échelle, c’est plutôt symbolique, comme aide, parce que avec son poids, j’aurais été incapable d’assurer quoi que ce soit. Et là j’ai eu une vision. J’ai vu une grande partie de mes amis en haut d’échelles dans le verger, tenant d’une main leur fiole d’emmerdes et de l’autre leur bouteille d’alcool. Ils secouaient les arbres parce qu’ils étaient bourrés et qu’ils n’avaient plus de main de libre pour cueillir quoi que ce soit. Ça ne m’étonne pas qu’ils soient stressés, ils sont tous dans une situation assez périlleuse pour ne pas dire casse-gueule. A ce moment, mon voisin a tiré un peu trop fort sur une branche et j’ai été canardé de prunes trop mûres. Il s’est répandu en excuses, moi j’ai rigolé.

J’ai terminé la confiture de prunes. Je ne te donne pas la recette, lecteur, parce que c’est un peu fade. C’est doux, fort sucré mais c’est pas super excitant comme saveur, j’aurais pt’être dû mettre de la vanille. Il y a un deuxième arbre dont les prunes seront mûres dans quelques jours. J’ajouterai des épices et des fleurs dans la recette de base. Si j’invente une bonne recette, je partagerai.

Commentaires (2) »

Du miel sans les abeilles.

La fleur la plus répandue sur la terre, la plus connue aussi, est un trésor insoupçonné. Cet or du pré c’est le pissenlit. Il est en fleur pour l’instant et d’un jour à l’autre se transformera en publicité pour Larousse.

Je sème à tout vent

Le pissenlit dent-de-lion ou Taraxacum dens-lionis, mériterait un bouquin à lui tout seul. Le livre existe déjà et je vous le recommande comme tous les écrits de Bernard Bertrand.

Pour obtenir un kilo de miel de pissenlit, les abeilles doivent butiner environ 125 000 fleurs.
Voici une recette pour faire un miel de pissenlit sans abeilles et avec seulement quelques poignées de fleurs; Un miel d’abeille paresseuse en quelque sorte. En Franche-Comté et en bourgogne, on appelle ça de la cramaillotte.

100g de pétales de pissenlits
400ml d’eau
1 jus d’orange
1/2 jus de citron
Environ 250g de sucre de canne.

J’ai adapté la recette avec une base de 100g de pissenlits, parce que ce n’est pas 100g de fleurs qui sont nécessaire mais 100g de pétales séchés pendant une heure avant la pesée. Les pétales, c’est la partie jaune débarrassée de toute les parties vertes. Les fleurs c’est déjà pas très lourd, et c’est long à cueillir. Alors quand vous aurez nettoyé et séparé les pétales de la tige et des bractées vertes, que vos doigts auront pris une couleur douteuse et vous supplieront de faire une pause, vous me remercierez de ne pas vous avoir donné la recette avec 400 g de pétales. Bon après, quand le premier pot sera réussi, vous irez comme moi cueillir des kilos de fleurs parce que c’est trop bon!

Mais commençons en douceur.

En fonction du courage que vous avez eu lors de la cueillette, adaptez la recette en faisant une règle de trois par 100g. Oui, la cuisine des fleurs c’est facile, mais doser des 1/3 de demi citrons, je laisse ça aux concepts mathématiciens.

Dans une grosse casserole à confiture, mettre 100g de pétales, le jus d’une orange, le jus d’un demi citron et 400ml d’eau. Faire bouillir et laisser cuire une heure à feu moyen.

Passer l’ensemble dans une étamine ou un torchon fin et bien presser pour récolter un maximum de ce jus précieux. Il reste environ 250ml de jus jaune et trouble.

Nettoyer la casserole et y remettre le jus filtré avec son équivalent en sucre de canne. Donc pour 250ml de jus cuit, 250g de sucre. Cuire environ 45 minutes.

Plonger une petite cuillère dans le liquide brûlant et déposer une goutte sur une assiette froide. S’il elle se solidifie et prend la consistance de gelée, c’est que c’est cuit, dans le cas contraire continuer un peu la cuisson. La gelée a perdu son aspect trouble et ressemble à un miel doré de là son nom de miel de pissenlit.

Cette gelée est supposée soigner les maux de gorge. Il ne faut pas attendre d’avoir la crève pour l’apprécier. Par association d’idées contraires, en automne, je vous expliquerai comment manger les pissenlits par la racine pour être en pleine forme.

Commentaires (2) »

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.