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Citrons confits

Tous les matins, je fais des grimaces de la gymnastique faciale, c’est excellent pour la santé. Enfin, c’est ce qu’on dit. Ça fait travailler tous les muscles du visage et je peux vous l’affirmer. Après que ça stimule le système immunitaire, que ça renforce les vaisseaux sanguins, que ça aide la peau à bien cicatriser et que ça inhiberait certaines altérations cellulaires qui seraient peut-être à l’origine des cancers et plein d’autres choses du même genre, je veux bien y croire.

Moi, je fais ça pour avoir la pêche, parce que j’aime faire des grimaces et, parfois, accessoirement , parce que je suis un peu masochiste.

Donc tous les matins, j’essaie je bois un jus de citron-eau plate. Au réveil.

J’aime le citron et toute la famille Citrus. Les Citrus ce sont des agrumes ou hespérides.
Botaniquement parlant, le mot Citrus n’est pas une famille, c’est un genre. Le genre Citrus qui fait partie de la famille des Rutacées. C’est parfois très compliqué la botanique.

Les Rutacées viennent de la rue qui pue. Ce n’est pas une famille socialement délaissée, en période d’accouplement, qui aurait des problèmes de migraines. C’est dommage, ça aurait pu être le terrain d’une drôle d’ histoire. Non, la rue est un arbuste qui pue du genre Ruta, genre qui a donné son nom à toute la famille.

Les Rutacées possèdent toutes des glandes odoriférantes qui contiennent des huiles essentielles. Les agrumes contrairement à la rue exaltent une senteur délicieuse.

Dans la mythologie grecque, il y avait, aux confins du monde, un magnifique jardin réservé aux Dieux, le jardin des Hespérides. Ce jardin contenait des pommes d’or qui avaient le pouvoir de rendre immortel. Ces pommes étaient le cadeau de noces que Gaïa offrit à Héra la femme de Zeus . Le jardin était gardés par les Hespérides, les superbes filles du Géant Atlas, et par un dragon à deux têtes. Atlas était un Titan, il était condamné à porter la voûte céleste.

Lorsque les grecs au troisième siècle avant Jésus-Christ découvrirent les agrumes importés d’Asie, ils les identifièrent comme les fruits mythiques de ce jardin magique.

On ne sait pas très bien ou se trouvait ce jardin. La mythologie grecque a commencé à se couvrir de poussière, et le géant Atlas est parti se coucher entre l’Algérie, la Tunisie et le Maroc.

Je pense sincèrement que ses petites filles continuent à garder ce jardin magique, là-bas quelque part et que la clé est sur la porte.

Bon, je pars dans quoi, là. Je voulais arriver à quoi ? Je me perds dans mon texte.

Ah, oui, je voulais vous donner la recette du citron confit.

Citrons confits

Il y a quelques années, je me rendais à Lille pour acheter mes citrons confits. C’était le seul endroit où je trouvais ces citrons miniatures si fins et si parfumés. Les gros citrons conservés par la soude que l’on trouve partout, je n’en voulais pas. Avant, j’étais snob, maintenant que je les fais moi-même comme les confitures, je suis devenue une bobo. J’m’en fiche et j’assume parce que c’est trop bon.

Il faut quelques kilos de citrons beldi ou limonette de Marrakech. On le trouve dans les magasins bio entre janvier et février sous le nom de citrons bergamote. Mais ce ne sont pas les vrais citrons bergamote. C’est une variété que j’essaie d’identifier.

Sinon, vous pouvez utiliser avec des citrons des quatre saisons, le citron jaune que l’on trouve partout. Il est un peu moins parfumé mais tout aussi délicieux . Le plus important c’est qu’il soit bio, sinon, ce n’est pas la peine de bricoler dans sa cuisine. Parce que ce qui se mange au final dans le citron confit , c’est la peau et pas la pulpe.

Il faut couper les citrons en 4 mais pas entièrement, en laissant les quartiers tenir ensemble par le petit téton.

Remplir chaque citron d’une cuillère à café de sel de mer.

Déposer les citrons dans un bocal préalablement ébouillanté.
Bien tasser les citrons.

Le lendemain, remplir le bocal avec de l’eau bouillante. Fermer. Et conserver au frais pendant trois mois.

Les citrons sont confits, il suffit d’enlever la pulpe, et d’imaginer le plat qu’ils parfumeront.

C’est simple, non?

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Du beurre d’ours

Ce week-end à Bruxelles se déroulait le Brussels Jazz Marathon. 150 concerts gratuits, et plus de 400 musiciens qui égrainaient et semaient des notes de Jazz et de Blues dans les rues, les trottoirs, les bars, les restaurants et les places cultes de la capitale. Lorsqu’elle est accessible à chacun, la musique comme l’art et la bonne bouffe, c’est fédérateur.

Les fromages de Wallonie et une certaine bière du Brabant Flamand sponsorisaient l’événement. Les deux se mariant extrêmement bien. Si un moisi puant se marie bien avec une brune alcoolisée, pourquoi la cohabitation flamand wallon, ne fonctionnerait-elle pas? A 15 jours des élections, cet appel d’alliance de terroir subliminal (et sublime de la part des organisateurs s’il est dû au hasard) est probablement trop subtil pour nos politiciens trop occupés à distribuer leurs tracts électoraux sur les marchés.

Je rêve, tout haut, d’une Belgique qui, tous les mois, offrirait son territoire comme scène géante à tous les créateurs qui y vivent, pour remettre de la vie dans ses villes et ses communes par le partage universel que permet la musique, l’art sous toute ses formes, et la cuisine.

Je suis une rêveuse, je sais.

J’ai ramené du Brussels Jazz Marathon 2010 du bon beurre au lait cru et Hobo Jungle.

Le bon beurre au lait cru devient de plus en plus difficile à trouver. Alors quand j’en trouve par hasard, je l’achète. Aujourd’hui 31 mai, je ne trouve en grande surface que des beurres uniformisés en une pâte pasteurisée blafarde particulièrement infâme. Alors que le bon beurre des vaches qui ont brouté l’herbe de printemps, il a, pour le moment, la couleur des boutons d’or.

Samedi soir, à côté de la grande scène de jazz sur la Grand place de Bruxelles, il y avait un fermier improbable dans une cahute qui vendait du fromage et du beurre au lait cru. Le fromage, je ne peux pas en manger à mon grand désespoir, sous peine d’intolérance alimentaire aiguë et d’autisme lié. Mais le beurre je peux. Et puis il me reste 26 kg de pommes de terre à cuisiner, alors j’ai pensé à une bonne recette et j’ai acheté mon beurre rare qui m’a accompagné toute la soirée de concert en concert, en fondant définitivement au son de la voix du chanteur d’Hobo Jungle.

Beurre d’ours
125 gr de beurre salé au lait cru
5 fleurs d’ail des ours
un petit bouquet de cardamines des prés

Mélanger le beurre et les fleurs.
Le beurre de fleurs peut-être congelé pour être utilisé lors d’un lointain dîner.

L’ail des ours Allium ursinum est une plante sauvage au goût d’ail qui colonise les sous bois. Elle est très riche en vitamine C et on dit que les ours la recherchent au printemps pour sortir de leur hivernation. De nombreux artistes ou d’adolescents ayant un tempérament d’ours peuvent suivre l’exemple gourmand de leurs congénères. On utilise en cuisine aussi bien le bulbe, que les feuilles et les fleurs.

La cardamine des prés Cardamine pratensis avec ses jolies fleurs violettes qui porte aussi le nom de cresson des prés pour la similitude de goût piquant de ses feuilles avec le cresson des fontaines est tonique, expectorante et antitussive. Elle est aussi antiscorbutique. Le scorbut, une vieille maladie qui touchait surtout les marins, est due à un déficit en vitamine C. Cette maladie qui avait pratiquement disparu refait surface aux USA chez les adolescents qui ne mangent ni fruits ni légumes frais.

Un morceau de beurre des ours sur une pomme de terre en chemise, c’est joli (le beurre fond, laissant apparaître les fleurs), c’est bon et c’est plein de vitamines A (le beurre) et C (les fleurs). En fin d’hiver ou en période d’examens c’est plus sain, plus drôle et plus efficace que le guronsan.

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