Voilà, c’est bon. J’ai compris, j’ai hurlé, maintenant je passe à la suite.
J’ai fait un cauchemar, ça change un peu des rêves prémonitoires.
J’étais enfant, je devais avoir l’âge de ma voix quand elle se cache (celle qui fait que parfois quand les gens téléphonent, ils me demandent de bien vouloir leur passer ma maman! Je crie alors: Maaammmmannn!! Téléphooooonnnne! Puis je leur réponds qu’elle n’est pas là pour l’instant. Pour pas qu’ils rougissent de l’autre côté du fil, comme quand tu dis Bonjour Monsieur à une dame. La gêne.). Donc, dans mon rêve, j’entendais la voix de mon père mais je ne pouvais pas lui parler. C’était comme un répondeur. Il y avait une enveloppe qui clignotait comme un mail à envoyer, mais je ne pouvais pas le faire parce que je n’arrivais pas à me souvenir si appel s’écrivait avec deux P ou deux L.
C’est con, parce qu’au téléphone, t’entends pas les fautes d’orthographes, hein!
J’avais peur qu’il ne regarde que les fautes et qu’il n’entende pas l’appel au secours. J’ai surmonté ma peur et mon auto-sensure et j’ai envoyé le mail. Je dors enfin. J’entends alors les pas d’un gros lourdaud qui monte quatre à quatre les escaliers en bois jusqu’à mon lit. Là, je me dis que je suis presque morte…
Je sens de grosses paluches qui me secouent avec violence. J’hurle mais rien ne sort de ma bouche. Comme à chaque fois. J’hurle encore plus fort et là ça sort, je dois même avoir réveillé les voisins avec mon cri. Je me réveille en hurlant encore. Il n’y a personne bien sûr. Je regarde quand même sous mon lit, on ne sait jamais, je ne suis pas vraiment rassurée.
Purée, qu’est ce que j’ai eu peur. J’allume la lampe de chevet et je me rendors la lumière allumée. C’est drôle comme ça peut rassurer la lumière.
Ce matin, je sais qu’une partie du passé vient de se régler. Une page se tourne pour permettre à la suite de s’inscrire.
J’ai pris un billet d’avion pour Grenadine Ville. Je pars rejoindre mon père.
Ma voix est redescendue de sa cachette. Je peux me remettre à chanter…
