Mer d’Azrak juillet 2005. Je suis assise sur la proue d’un bateau, je médite. Images parasites. Je suis dans un convoi de limousines. J’ai l’impression d’être dans l’entourage d’une femme de très grande importance. Aigremoine est à mes cotés, je suis comme une reine sans trône. Impuissante. C’est la nuit. Nos voitures sont pulvérisées par une explosion. Puissance, tout brûle pendant de longues minutes. Il faut que j’efface ces images qui restent posées sur le fond de ma rétine. Je ne comprends pas encore leur signification. L’histoire s’inscrit de droite à gauche. Ça n’a rien d’un don, c’est une malédiction. Je chante pour m’en libérer, les larmes coulent.
Je reste prostrée pendant tout le trajet. Heureusement personne ne vient me déranger. Aigremoine m’observe de loin. Nous avions passé l’après midi dans l’île. Dune de sable au milieu des eaux. Il prépare la soirée.
Dîner aux chandelles sur la plage. Mets précieux, champagne et musiciens. Je reçois ce dont la majorité des femmes rêveraient de recevoir et je dis non. Non! Je ne peux pas répondre à sa demande. Je suis amoureuse d’un ours vert, d’un fakir, mais pas d’un prince. Je pleure encore. Décidément.
Il ne s’avouera pas vaincu. Pour lui, la femme ne décide pas. Décider ment.